Le cerveau et l'audition : est-ce l'oreille ou le cerveau qui entend ?

En bref. Les deux, chacun à son étape. L'oreille capte la vibration et la change en signal nerveux ; le cerveau le reçoit, le décode, le compare à ce qu'il connaît et en tire un sens : une voix, un mot, une direction. Sans oreille, pas de signal ; sans cerveau, pas de sens.

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La rédaction de HEARING.co.il
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« Avoir de l'oreille », « faire la sourde oreille », « ne pas en croire ses oreilles » : la langue française attribue volontiers à l'oreille tout le travail de l'audition. Pourtant, l'oreille n'est que la première étape d'un long parcours. Ce que l'on appelle « entendre » résulte d'une collaboration étroite entre un organe très précis, qui capte et code le son, et un cerveau qui l'interprète. Cette page décrit cette collaboration, du signal nerveux jusqu'au sens.

L'oreille code, le cerveau interprète

Lorsqu'un son atteint l'oreille, il traverse le conduit auditif, fait vibrer le tympan et les osselets, puis met en mouvement le liquide de la cochlée. Là, les cellules ciliées transforment ce mouvement en impulsions électriques. À ce stade, il n'existe encore ni mot, ni mélodie, ni voix familière : seulement un message codé, qui indique quelles zones de la cochlée ont été stimulées, avec quelle force et à quel moment.

Ce message part ensuite par le nerf auditif. C'est le cerveau qui va lui donner une forme reconnaissable. On peut comparer l'oreille à un micro très sophistiqué et le cerveau à l'auditeur attentif qui écoute l'enregistrement : le micro capte tout, mais seul l'auditeur sait qu'il s'agit d'une sonnette, d'un éclat de rire ou de son prénom.

Le trajet du signal dans le cerveau

Entre le nerf auditif et la surface du cerveau, le signal franchit plusieurs relais, d'abord dans le tronc cérébral, puis dans des régions plus profondes. Chaque relais a ses spécialités. Certains comparent très tôt les informations venant des deux oreilles : c'est grâce à cette comparaison que l'on peut situer un son à gauche, à droite, devant ou derrière. D'autres accentuent les contrastes, repèrent le début et la fin des sons ou réagissent aux bruits soudains, ce qui permet de sursauter avant même de savoir ce qui s'est passé.

Le signal atteint enfin le cortex auditif, situé de chaque côté du cerveau, dans la région des tempes. C'est là que s'organise la perception consciente : on distingue la hauteur d'une note, le timbre d'une voix, la mélodie d'une phrase. Le cortex auditif travaille en lien avec d'autres régions, notamment celles du langage, de la mémoire et de l'attention. Comprendre une phrase mobilise donc bien davantage que les seules aires de l'audition.

Reconnaître, trier, anticiper

Le cerveau ne se contente pas de recevoir passivement les sons. Il accomplit en permanence trois tâches.

D'abord, il reconnaît. Il compare ce qu'il reçoit à tout ce qu'il a déjà appris : les sons de sa langue maternelle, les voix des proches, les bruits familiers de la maison. Une voix connue est identifiée en un instant, même déformée par un haut-parleur.

Ensuite, il trie. Dans une pièce animée, de nombreux sons arrivent en même temps à l'oreille. Le cerveau parvient pourtant à suivre une seule voix et à reléguer le reste à l'arrière-plan. Il sait aussi faire « remonter » un son important, comme son prénom prononcé à l'autre bout de la salle.

Enfin, il anticipe. Grâce au contexte, il complète les syllabes manquantes et devine la fin d'une phrase avant qu'elle soit prononcée. C'est pourquoi un mot mal entendu est souvent compris malgré tout, et pourquoi une langue peu familière demande beaucoup plus d'effort : le cerveau dispose de moins d'indices pour combler les vides.

Quand le signal change, le cerveau s'adapte

Le cerveau est plastique : il se réorganise selon ce qu'il reçoit. Quand une partie des informations sonores arrive moins bien, par exemple parce que certaines cellules de la cochlée sont abîmées, il compense comme il peut, en s'appuyant davantage sur le contexte, sur la lecture des lèvres ou sur l'attention. Cette compensation a un coût : elle consomme de l'énergie et explique en partie la lassitude ressentie après une longue conversation.

Il arrive aussi que l'oreille transmette un signal satisfaisant mais que son exploitation par le cerveau soit moins efficace. On parle alors de difficultés de traitement auditif, une notion qui relève d'un bilan spécialisé. Dans tous les cas, une audition qui change justifie un échange avec un médecin généraliste ou un ORL.

À retenir

  • L'oreille capte le son et le transforme en signal nerveux ; le cerveau lui donne un sens.
  • Le signal traverse plusieurs relais avant d'atteindre le cortex auditif.
  • Le cerveau reconnaît, trie et anticipe les sons en permanence.
  • Quand l'information arrive moins bien, il compense, moyennant un effort supplémentaire.

Questions et réponses

Peut-on entendre avec le cerveau sans passer par l'oreille ?

Pas au sens habituel : sans le signal transmis par l'oreille et le nerf auditif, le cerveau ne reçoit aucune information sonore venue de l'extérieur. Il peut en revanche produire des perceptions sans source extérieure, comme les acouphènes.

Pourquoi entend-on son prénom au milieu du brouhaha ?

Le cerveau surveille en arrière-plan les sons qui comptent pour lui. Un mot très familier, comme son propre prénom, peut ainsi capter l'attention même lorsqu'on suivait une autre conversation.

Chaque oreille est-elle reliée à un seul côté du cerveau ?

Non. Les informations de chaque oreille rejoignent les deux côtés du cerveau, avec une part plus importante vers le côté opposé. Ce croisement permet notamment de comparer ce que perçoivent les deux oreilles.

Sources à vérifier

Ces sources ont servi à la rédaction. Les affirmations médicales et techniques sont listées pour vérification lors de la relecture professionnelle.

  1. NIDCD — How Do We Hear?
  2. OMS — Surdité et déficience auditive

À lire ensuite

Ces informations sont générales et ne remplacent pas l'examen d'un professionnel qualifié.