Malentendant, sourd, devenu sourd, déficient auditif : que veulent dire ces mots ?

En bref. Ces mots ne sont pas interchangeables. « Malentendant » désigne une personne qui entend difficilement ; « sourd », une audition très réduite ou absente. Écrit avec une majuscule, « Sourd » renvoie à une identité culturelle liée à une langue des signes.

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La rédaction de HEARING.co.il
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Les mots qui désignent l'audition et ses changements ne sont pas neutres. Selon le terme choisi, on décrit un niveau d'audition, une histoire personnelle ou l'appartenance à une communauté. Employer l'un pour l'autre peut créer des malentendus, voire blesser. Ce glossaire présente les principaux termes en usage dans la francophonie, avec leurs nuances.

Malentendant, sourd : une question de degré et de vécu

Malentendant désigne une personne qui entend, mais avec difficulté. La perte d'audition peut être légère ou plus marquée ; la personne communique en général à l'oral, parfois avec l'aide d'un appareil auditif, de la lecture labiale ou du sous-titrage. On rencontre aussi la forme « personne malentendante », ou plus simplement « personne qui entend mal ».

Sourd s'emploie pour une audition très réduite ou absente. Dans l'usage médical, la frontière entre « malentendant » et « sourd » tient au degré de la perte : l'Organisation mondiale de la santé, par exemple, distingue les personnes malentendantes et les personnes sourdes selon l'importance de l'atteinte. Dans l'usage social, la frontière dépend aussi de la façon dont chacun vit et se présente : certaines personnes ayant une audition très réduite se disent malentendantes, d'autres, qui conservent des restes auditifs, se disent sourdes.

Sourd et sourd : ce que change la majuscule

Dans de nombreux textes, le mot « Sourd » apparaît avec une majuscule. Ce n'est pas une faute de frappe. La minuscule renvoie au fait audiologique, l'absence ou la quasi-absence d'audition. La majuscule désigne l'appartenance à une communauté culturelle et linguistique, réunie autour d'une langue des signes, d'une histoire et de pratiques partagées.

Les langues des signes sont des langues à part entière, avec leur grammaire et leur vocabulaire. Elles ne sont pas universelles : les pays et régions francophones ont chacun la leur, par exemple la langue des signes française, la langue des signes québécoise ou la langue des signes de Belgique francophone. Pour une personne qui se dit Sourde, la surdité est souvent vécue comme une identité plutôt que comme un manque.

Devenu sourd, déficient auditif et autres termes

Devenu sourd précise que la surdité est survenue après l'acquisition du langage oral, souvent à l'âge adulte. La personne a donc grandi en entendant et s'exprime généralement dans la langue orale de son entourage ; son vécu et ses besoins diffèrent souvent de ceux des personnes sourdes qui communiquent en langue des signes.

Déficient auditif et déficience auditive appartiennent surtout au vocabulaire médical, statistique et institutionnel. Ces termes sont précis, mais jugés froids par certains, qui leur préfèrent « personne sourde » ou « personne malentendante » dans la conversation.

Sourd-muet est un terme ancien, aujourd'hui considéré comme inexact : la plupart des personnes sourdes ont une voix et peuvent parler, et beaucoup s'expriment pleinement en langue des signes. Le mot est souvent ressenti comme blessant.

Enfin, surdité désigne l'état, quel que soit son degré, tandis que perte auditive insiste sur le changement par rapport à une audition antérieure.

Quels mots employer ?

Il n'existe pas de règle unique, car les préférences varient selon les personnes, les générations et les pays. Quelques repères aident néanmoins :

  • dans le doute, demander à la personne comment elle souhaite être désignée ;
  • dans un texte général, des formulations comme « une personne sourde » ou « une personne malentendante » sont largement acceptées, même si certaines personnes Sourdes revendiquent l'expression « les Sourds » ;
  • respecter la majuscule lorsque quelqu'un se présente comme Sourd ;
  • éviter « sourd-muet » et les expressions qui présentent la surdité comme une faiblesse.

Le vocabulaire qui désigne les aides techniques varie lui aussi selon les pays : il est présenté dans l'article Appareil auditif, aide auditive ou prothèse auditive.

À retenir

  • « Malentendant » et « sourd » décrivent des niveaux d'audition différents, mais aussi des manières de se définir.
  • « Sourd » avec une majuscule renvoie à une communauté culturelle et linguistique.
  • « Devenu sourd » précise que la surdité est apparue après l'acquisition du langage oral.
  • Dans le doute, le plus respectueux est de demander à la personne quels mots elle préfère.

Questions et réponses

Peut-on dire « sourd-muet » ?

Ce terme est aujourd'hui considéré comme inexact et souvent blessant : la plupart des personnes sourdes ne sont pas muettes.

Faut-il dire « malentendant » ou « personne malentendante » ?

Les deux s'emploient. Le plus simple est de demander à la personne comment elle se décrit elle-même.

Pourquoi certains écrivent-ils « Sourd » avec une majuscule ?

Pour désigner l'appartenance à la communauté sourde, à sa langue et à sa culture, au-delà du seul fait médical.

Sources à vérifier

Ces sources ont servi à la rédaction. Les affirmations médicales et techniques sont listées pour vérification lors de la relecture professionnelle.

  1. OMS — Surdité et déficience auditive
  2. NIDCD — Assistive Devices

À lire ensuite

Ces informations sont générales et ne remplacent pas l'examen d'un professionnel qualifié.